Réforme des retraites : pourquoi on en parle autant en ce moment
Ces dernières semaines, beaucoup de personnes nous ont posé des questions :
“Est-ce que la réforme des retraites est annulée ?”
“Est-ce que l’âge légal repasse à 62 ans ?”
“Et est-ce que ça change quelque chose pour moi ?”
Et c’est bien normal.
Le sujet est technique, les annonces se succèdent, et les informations sont souvent partielles.
La réponse courte est simple : non, la réforme de 2023 n’est pas annulée.
En revanche, elle est partiellement suspendue et son calendrier a été réécrit dans le cadre du PLFSS (Plafond de Loi de Financement de la Sécurité Sociale) adopté le 16 décembre, devenu la LFSS 2026 après promulgation (loi n° 2025-1043 du 30/12/2025).
On fait le point, simplement.
Une suspension de la réforme des retraites… pas une suppression
La loi de financement de la Sécurité sociale promulguée par l’Assemblée nationale prévoit une suspension de la montée en charge prévue par la réforme de 2023.
Concrètement :
- le passage rapide à 64 ans est mis en pause,
- l’augmentation de l’âge légal continue, mais à un rythme plus lent,
- certaines règles deviennent un peu plus favorables, notamment pour les carrières longues et pour les femmes ayant eu des enfants.
⚠️ Important :
Tant que les décrets ne sont pas publiés, on continue d’appliquer les règles actuelles. Il n’y a donc aucun changement immédiat pour les départs en retraite aujourd’hui.
Un nouveau calendrier de l’âge légal, plus progressif
C’est le point central de cette suspension : un nouveau calendrier de l’âge légal.
Voici un petit exemple pour que ce soit plus parlant :
- Pour les personnes nées en 1964, l’âge légal sera fixé à 62 ans et 9 mois,
alors que la réforme de 2023 prévoyait une évolution plus rapide vers 63 puis 64 ans.
Les générations suivantes sont également concernées par ce rythme plus progressif, avec un gain de plusieurs mois par rapport au calendrier initial.

📌 À ce stade :
- les premiers départs réellement impactés seraient ceux prenant effet à partir du 1er septembre 2026,
- l’Assurance retraite vise une mise à jour de ses outils à partir de mars.
Carrières longues : des ajustements attendus
La suspension concerne aussi le dispositif carrière longue, qui joue un rôle clé pour beaucoup de personnes en fin de carrière.
Ce qui se dessine :
- une montée en charge plus progressive de l’âge de départ,
- une prise en compte plus favorable de certains trimestres,
- notamment pour les personnes ayant eu des enfants.
👉 Là encore, les grandes lignes sont connues, mais les modalités précises restent à définir. On sait toutefois que l’objectif est de limiter les effets pénalisants de la réforme de 2023.
Femmes et retraite : une évolution plutôt positive
C’est une avancée importante du texte promulgué.
Le PLFSS prévoit un nouveau mode de calcul du salaire annuel moyen (SAM) pour mieux tenir compte des carrières interrompues liées aux enfants.
Les pistes retenues sont les suivantes :
- 1 enfant → calcul sur les 24 meilleures années (au lieu de 25),
- 2 enfants ou plus → calcul sur les 23 meilleures années.
👉 Résultat attendu : une pension de base potentiellement plus élevée, en particulier pour les femmes aux parcours professionnels hachés.
À ça s’ajoute une meilleure prise en compte des trimestres de majoration pour enfants dans le dispositif carrière longue (dans la limite de 2 trimestres).
Cumul emploi-retraite : beaucoup d’idées, rien de tranché
Le cumul emploi-retraite a été largement débattu, avec plusieurs pistes évoquées :
- Départ avant l’âge légal : le montant de la pension serait réduit à hauteur des revenus professionnels perçus.
- Départ entre l’âge légal et 67 ans : le cumul emploi-retraite serait possible, mais dans la limite d’un plafond de revenus fixé par décret.
- Départ à l’âge du taux plein automatique (67 ans) : le cumul serait libre, sans plafond : la pension pourrait être perçue intégralement en plus des revenus professionnels.
Dans certains cas (intérêt général, secteurs en tension…), le cumul pourrait rester possible sans restriction, selon les conditions fixées par décret.
Revalorisation des pensions : une bonne nouvelle pour 2026
Autre point à retenir :
- le texte promulgué ne prévoit pas de gel des pensions,
- une revalorisation de +0,9 % des pensions de base est annoncée au 1er janvier 2026.
En revanche, aucune revalorisation n’est prévue pour l’Agirc-Arrco à ce stade pour l’année 2026. L’Agirc-Arrco suit un calendrier et des décisions propres (pilotés par les partenaires sociaux), avec une revalorisation qui arrive généralement le 1er novembre. À noter qu’il n’y a pas eu de revalorisation au 1er novembre 2025.
Ce qu’on conseille vraiment de faire en deuxième partie de carrière
Avec toutes ces annonces, on pourrait être tentés d’attendre que “tout soit stabilisé”. Dans la réalité, c’est rarement la meilleure option.
Ce qu’on voit souvent :
- des personnes qui pensent être concernées… alors qu’elles ne le sont pas,
- d’autres qui passent à côté d’options favorables,
- et des erreurs administratives qui coûtent du temps, de l’énergie et de l’argent.
Faire le point maintenant permet :
- de gagner en visibilité sur la suite,
- d’anticiper les bons scénarios,
- et de prendre des décisions éclairées pour sa deuxième partie de carrière.
C’est justement l’objectif du Parcours Alphonse, 1er accompagnement dédié aux plus de 50 ans. Si vous pensez que ça peut vous aider, on vous invite à tester gratuitement votre éligibilité.
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Vous voulez savoir ce que peut vous apporter un bilan de compétences de deuxième partie de carrière ? Vous pouvez consulter cet article.
Hélène Roisin